La Méditerranée, notre mer à tous !

Plage de la Cavalière - Le Lavandou« Près d’une mer toujours plus bleue, toujours plus belle
Et pour qu’elle ait dans sa beauté plus de douceur
Mille jardins lui font comme un collier de fleurs… »
Méditerranée, Tino Rossi, 1955

En 60 ans, mare nostrum a quelque peu changé ; de fortes pressions environnementales pèsent sur cette mer semi-fermée qui fait face à plusieurs sources de pollution qui s’accroissent. De par sa configuration, la Méditerranée met un siècle à se renouveler et concentre les polluants. Tourisme de masse et emplacement de plusieurs des plus grandes villes du pays, le littoral méditerranéen français présente une forte urbanisation côtière. On retrouve, tout de même, par endroits, les mille jardins de Tino Rossi avec des espaces naturels remarquables par leur biodiversité et leur bon état actuel de conservation.

La mer Méditerranée est un écosystème riche et varié ; réservoir en matière de biodiversité, elle abrite 7 à 8 % des espèces marines connues pour seulement 0,3 % du volume des eaux de la planète. Constituée d’une myriade de petites îles aussi importantes pour leur faune que leur flore, de paysages côtiers différents d’une région à l’autre, la richesse patrimoniale de la Méditerranée n’est plus à démontrer.

Jusqu’à quand cet écosystème peut-il perdurer ? Quelle est la situation actuelle ? Comment protéger la Méditerranée ?

Urbanisation et bétonisation du littoral

Le littoral méditerranéen comptera 600 millions d’habitants en 2050 contre 450 millions en 2010. La densité de population sur les littoraux français est 2,5 fois plus élevée qu’en moyenne (6 millions de résidents permanents sur 4 % du territoire). La surface construite pendant l’année 2006 est 2,3 fois plus importante qu’en 1990 ; ainsi, 2 300 grands établissements sont recensés sur le littoral méditerranéen français en 2006, soit, en moyenne, un tous les 20 km (584 agglomérations côtières, 750 ports de plaisance, 286 ports de commerce, 180 centrales thermiques, 55 raffineries…).

Pour avoir un ordre d’idée : 30 % du littoral en Languedoc-Roussillon est figé par des ouvrages de défense et 26 % est artificialisé, en PACA, les ouvrages de défense couvrent 12 % et 30 % du littoral est artificialisé.

Pollution biologique : le cas de Caulerpa Taxifolia

Cette algue verte, naturellement présente dans le sud de l’Australie, en Amérique centrale et le long des côtes Africaines, a été importée en Europe, en 1950, par des aquariums Allemands. Les souches de cette algue ont été envoyées, par la suite, à travers l’Europe ainsi qu’à Monaco.

En 1984, un accident a lieu, l’aquarium Monégasque relâche l’algue en Méditerranée. Depuis, Caulerpa Taxifolia s’est développée à une vitesse folle ; en 2004, elle occupait 5 000 ha en face du musée océanographique de Monaco et les zones côtières de 5 pays étaient touchées sur des zones de plus de 100 km. Depuis son développement est en légère régression grâce à la lutte biologique entamée. Caulerpa Taxifolia est une espèce invasive, elle ne possède pas de prédateurs naturels et est toxique pour la faune. C’est une des plus importantes menaces pour les herbiers de posidonies – le principal écosystème présent en Méditerranée.

Pollution industrielle : le cas des boues rouges

L’usine Rio Tinto, à Gardanne, traite la bauxite afin d’extraire l’alumine qui est un élément utilisé dans la conception des lessives, des écrans plasma ou des plaques vitro céramiques. L’usine extrait 700 000 T/an d’alumine et rejette ses résidus (boues rouges) en mer ; ces boues (18 000 T/an) sont essentiellement composées de fer, titane et de métaux lourds (plomb, mercure, chrome). Elles sont rejetées au large de Cassis, à 330 m de profondeur, dans le canyon de Cassidaigne, un des plus beaux canyons de Méditerranée. Ce lieu a été choisi car c’est une zone du littoral qui est rapidement très profonde (2000 m) ce qui permet d’éviter un étalement des boues rouges le long des côtes. Aujourd’hui, le « tapis » de boues rouges s’étale sur 50 km environ, dans l’axe principal du canyon, dans les zones très profondes (abyssales) et jusqu’à l’ouest de Toulon.

Ces déchets ont un impact non négligeable sur la vie des fonds marins :
– absence de vie dans l’axe principal du canyon à cause de l’avalanche constante de produit ;
– asphyxie de la faune présente sur les zones autour du canyon ;
– blocage de la spermiogénèse de 3 espèces d’oursins.

Pollution chimique : centres urbains et industriels

Plus de 80 % de la pollution maritime en Méditerranée provient des terres. Selon le rapport « La pollution de la Méditerranée : état et perspectives à l’horizon 2030 » de Roland Courteau, rejets chimiques, industriels et agricoles, dégazages en mer, pollution aux nitrates et phosphates sont monnaie courante en Méditerranée. S’y ajoutent également les métaux lourds (zinc, césium, mercure, plomb, cadmium chrome, nickel ou cuivre) contenus dans les sédiments des fleuves qui finissent en mer.

Les centres urbains et industriels sont souvent les principaux responsables de la pollution chimique :
– les cours fluviaux de l’Hérault et du Gard sont considérés comme des vecteurs de pollution industrielle (installations hydroélectriques et nucléaires, transformation des hydrocarbures, électronique, métallurgie et produits chimiques) ;
– les ports de Sète, Port-la-Nouvelle, Port-Vendres relèvent une pollution par les hydrocarbures du fait des pratiques de déballastage et des déversements accidentels d’hydrocarbures.

Réserves halieutiques

La pêche en Méditerranée ne représente qu’un petit pourcentage de la production mondiale (environ 1,5%). Pourtant 92 % des stocks sont surexploités et seuls des poissons comme les sardines et les anchois restent exploitées dans des conditions normales ; les espèces démersales (dépendantes du fond pour se nourrir) sont particulièrement touchées. Lois et réglementations concernant les méthodes et les moyens de pêches (maillage, respect des périodes de recrutement…) existent mais le caractère artisanal de la pêche (grand nombre d’embarcations à faible tonnage, multitude de ports, vente directe…) complique leur mise en œuvre. En plus de la surexploitation, la pollution menace sérieusement les ressources halieutiques (disparition d’espèces, destruction des zones frayères…). Quant à la pêche au chalut, bien qu’interdite dans la zone côtière, elle se pratique régulièrement et détruit les herbiers et les frayères entraînant ainsi la désertification des fonds.

Il devient essentiel de combler notre manque de connaissance concernant les milieux, les espèces, la production et les contextes socio-économiques afin de mettre en place une gestion durable de la ressource.

Plaisance

En Méditerranée, le secteur des services (commerce, tourisme, transports, activités financières, administrations…) contribue à plus de la moitié du PIB de la grande majorité des pays bordiers, voire à plus de 70 % en France. Parmi les activités liées au tourisme, la plaisance tient une place privilégiée. La recrudescence du nombre de plaisanciers pose de nombreux problèmes ; d’une part les dégazages et rejets d’hydrocarbures  »volontaires »  se multiplient (de l’ordre de 100 000 à 200 000 tonnes par an), d’autre part, faute de place dans les ports (qui sont surchargés) les touristes pratiquent le mouillage sauvage. Cette technique consiste à poser l’ancre de son bateau n’importe où, sans tenir compte des réglementations ; ainsi des dizaines de tonnes de posidonies sont arrachées chaque année.

Pour lutter contre cela, il est nécessaire de créer des zones d’amarrage flottantes et saisonnières et de développer des zones de cales sèches ainsi que des cales de mise à l’eau publiques et gratuites.

Sensibilisation des touristes

Des activités de sensibilisation à l’environnement se développent de plus en plus ; des sentiers de découverte sous-marin voient le jour afin de développer la connaissance de la faune et flore sous-marine locale, les clubs de plongée forment leurs personnels et les touristes à la préservation de la nature…De nombreuses communes mettent à disposition des vacanciers des panneaux d’information afin d’expliquer comment fonctionne une plage, quelles sont les espèces que l’on y trouve et comment les protéger. Ainsi, à Sanary-sur-Mer, dans le Var, la mairie a installé des panneaux expliquant ce que sont les posidonies et l’intérêt de les laisser sur les plages.

 Il est essentiel de développer dans les villes côtières, auprès de la population, des moyens d’améliorer la culture maritime afin de pouvoir respecter et protéger notre mer à tous.

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