Danger dans le Blayais !

Que peut-on bien trouver à Blaye qui ait un lien avec la mer ?

On se trouve sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde, estuaire évidemment relié à l’océan. On y trouve également l’immense (227 hectares) et imposante centrale du Blayais ! Quel rapport entre cette centrale et l’océan me direz-vous ? Il est très simple, à chaque coup de vent, à chaque surcote marine (élévation du niveau de la mer due à la pression atmosphérique), à chaque vague, la centrale est soumise à un risque d’inondation et de submersion marine. La centrale nucléaire de Blaye subit sans cesse les assauts de la houle.

Que risque t-on ? N’existe t-il pas d’autres moyens d’énergie ?

Une centrale au bord de l’Estuaire de la Gironde

Située à 40 km à vol d’oiseau de Bordeaux, la centrale nucléaire du Blayais se trouve au milieu de 2 000 ha de marais, au bord de l’estuaire de la Gironde où elle pompe l’eau servant à refroidir ses réacteurs. La centrale est actuellement protégée par une digue et un mur haut de 8,30 m et la route permettant d’y accéder est, quant à elle, submersible, elle se trouve à une cote de 4,50 m.

Décembre 1999 : la tempête Martin

Du 27 au 28 décembre 1999, la centrale nucléaire du Blayais a été prise au dépourvu par la tempête Martin. Dans la nuit du 27, des vents soufflant à 140 km/h avec des rafales de 180 à 190 km/h, une surcote marine (comprise entre 1,20 et 1,50 m sur le littoral et, accentuée par la forme de l’estuaire de la Gironde, elle atteint 2 m à Pauillac -valeurs reportées au zéro hydrographique-) associée à une puissante et inhabituelle houle sur l’estuaire engendrent des vagues qui sautent par-dessus la digue de protection de la centrale. Cela allié à l’inondation des marais alentour, ce sont 90 millions de litres d’eau qui envahissent le site. La route d’accès est également submergée, la centrale devient un îlot. Il faut ajouter à cela que le coefficient de marais était faible…

Une surtension sur le réseau électrique, suite à l’inondation d’une bonne partie des bâtiments, a successivement mis hors d’usage plusieurs installations de sauvegarde, comme le circuit d’injection de sécurité (RIS), qui permet de rétablir le niveau du circuit primaire, et l’EAS (aspersion de l’enceinte) qui permet de faire baisser la température à l’intérieur du bâtiment réacteur en cas d’accident. Le matin du 28 décembre, les débris charriés par la Gironde sont venu obstruer et donc arrêter la moitié des pompes du circuit SEC (eau brute de sauvegarde) qui prélève l’eau en Gironde. La situation est alors devenue très grave car le SEC assure le refroidissement de l’ensemble de la centrale…s’il lâche il y a un risque important de fusion du cœur de la centrale. La fusion du cœur étant l’accident le plus grave qui puisse survenir dans une centrale, comme ce fut le cas à Three Mile Island, aux États-Unis, en 1979, et à Tchernobyl, en Ukraine, en 1986.

L’incident a été classé 2 sur l’échelle Ines (échelle internationale de classement des incidents nucléaires qui compte 7 niveaux). Au niveau 3, il aurait fallu évacuer la population Bordelaise. Il a fallut plusieurs semaines pour remettre la centrale en état de marche, certains moteurs étaient noyés sous 5 m d’eau.

Risques à venir

La digue protégeant la centrale a été rehaussée, elle atteint 8,30 m. Cet hiver, malgré les nombreuses tempêtes, la centrale n’a pas été noyée. Pourquoi ?

La tempête début févier présentait de fortes vagues, hauteurs d’eau de 5 m (par rapport au zéro hydrographique) et de très forts coefficients de marée (114) mais les vents étaient relativement faibles (entre 70 et 90 km/h) et la surcote inférieure à la tempête de 1999 (40 cm contre 1,50 m). Celle début mars présentait un coefficient de marée de 114 également, des vagues 8,2 m en moyenne à Arcachon et un vent de 36 km/h. On peut en conclure que ce sont les faibles vitesses de vent et les surcotes plus faibles qu’en 1999 qui ont sauvé la centrale cette année…jusqu’à la prochaine tempête !

Il y a des tas d’autres points que je pourrai aborder dans cette partie comme les rejets d’eau dans l’estuaire et les éléments chimiques s’y trouvant. Eh oui, si la centrale pompe l’eau de l’estuaire pour refroidir ses réacteurs, elle doit bien la rejeter ! La préfecture autorise la centrale à ré-introduire une eau à 7,5°C de plus que l’eau de l’estuaire. Mais cette question pose de nombreux problèmes lors des canicules, quand la centrale chauffe de façon excessive à cause de la température extérieure et que l’eau de l’estuaire est trop chaude pour la refroidir, que faire ? Est il possible de rejeter des eaux dont la température dépasse les 40°C ? C’est ce qui s’est passé lors du dernier pic de chaleur.

Je ne passerai que très rapidement sur les produits chimiques rejetés. Les quantités envoyées dans l’estuaire sont, certes, en deçà des normes imposées par le gouvernement, est-ce pour autant acceptable ? On trouve des produits anti-corrosion, de l’acide chlorhydrique, de la soude caustique, de l’eau de javel, de l’acide borique…

Il faut fermer toutes les centrales nucléaire Françaises !

Cela ne se fera pas en trois jours ni même trois ans mais il est essentiel de développer d’autres modes de production d’énergie. Désormais, la quête de nouvelles sources d’énergie décarbonée sur ou dans les océans conduit à l’émergence d’une nouvelle industrie promise à un avenir florissant celle des énergies marines renouvelables (EMR). Elles peuvent être tirées du vent (éoliennes offshore posées ou flottantes), des courants marins (hydroliennes), de la houle (énergie houlomotrice) ou de la différence de température entre les eaux de surface et les eaux profondes (énergie thermique)..

Nous avons nombre d’ingénieurs et de chercheurs qualifiés en France, nous avons également des usines comme celle de Florange capable de produire un acier de qualité pour construire une partie des éoliennes et des hydroliennes par exemple. Nous avons les capacités, ne manque que la volonté politique ! Alors que le Danemark (pays pionner dans l’éolien offshore) a adopté, depuis 2008, un programme visant à la fourniture de 50 % de son électricité par l’éolien (6 000 méga-watt (MW) en 2030), le Royaume-Uni prétend à 32 000 MW d’ici 2030 également, l’Allemagne a un objectif d’éolien offshore s’élevant à 10 000 MW en 2020 et 25 000 MW en 2030, la France n’en est qu’au projet d’un parc national d’éolien en mer de 6 000 MW alors que son potentiel est le deuxième en Europe après le Royaume-Uni. Même la Belgique, les Pays-Bas, l’Irlande, la Pologne et l’Espagne sont mieux dotés que la France en termes d’EMR.

D’ici 2017, 80 % des centrales nucléaires auront 40 ans, si aucune décision n’est prise nous devrons prolonger leur fonctionnement d’encore 10 ans et c’est inacceptable car trop dangereux ! D’un point de vue technique, une centrale nucléaire est faite pour durer 40 ans.

Le 21 Juin, la centrale du Blayais aura 33 ans. Devra-t-on encore longtemps croiser les doigts à chaque coup de vent ?

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12 réflexions sur “Danger dans le Blayais !

  1. Je regrette de voir une fois de plus un article antinucléaire colportant des affirmations fausses. Pour ne donner qu’un exemple, vous écrivez par exemple que « L’incident a été classé 2 sur l’échelle Ines (…). Au niveau 3, il aurait fallu évacuer la population Bordelaise ». C’est bien entendu totalement faux. Il n’y a aucun rapport entre le niveau d’un incident nucléaire et une éventuelle évacuation, qui serait elle décidée par les pouvoirs publics en fonction du risque de rejets radioactifs dans l’atmosphère. La France a connu par ailleurs des incidents jusqu’au niveau 4 (à St Laurent des Eaux) sans qu’il y ait fallu évacuer un seul habitant. Ce n’est pas en affirmant qu’il fait jour a minuit que vous persuaderez nos concitoyens que l’énergie nucléaire est dangereuse. C’est plutôt le contraire: si l’énergie nucléaire était vraiment si dangereuse, pourquoi les écologistes passent leur temps à lui inventer des dangers inexistants ?

    Par ailleurs, votre paragraphe final omet un point fondamental, celui du coût. L’Allemagne est aujourd’hui dans une merde noire – et je pèse mes mots – avec une électricité deux fois plus chère que la notre, précisément parce qu’il faut payer la facture des énergies renouvelables. Car l’énergie nucléaire est aujourd’hui, que cela vous plaise ou pas, entre deux et cinq fois moins chère que l’éolien – le facteur cinq est celui de l’éolien offshore -, entre cinq et dix fois mon chère que le solaire. Remplacer le nucléaire par l’éolien ou l’hydrolien, à supposer que cela puisse être fait, c’est multiplier par deux les factures d’électricité. Pensez-vous que cela soit raisonnable ?

    • Cher Descartes,

      je vous invite à lire ceci : http://www.senat.fr/questions/base/2011/qSEQ11121553S.html
      Je ne citerai qu’une phrase tirée de ce rapport : « Nous l’avons su bien après, mais nous avons frôlé la catastrophe les 27 et 28 décembre 1999 ! Le préfet de l’époque avait même réveillé Alain Juppé dans la nuit pour le prévenir qu’il devait s’attendre à évacuer la ville de Bordeaux. »

      Mais sinon c’est évident, j’adore colporter de fausses affirmations, c’est une de mes passions !

      • E. Ballet,
        que le préfet ai pu prendre peur, soit, c’est son rôle de préfet que de tenir au courant les autorités. Ce qui en cha,ge en rien le classement de l’incident ni ces conséquences potentielles. Vosu venez encore uen fois comme pas mal d’écologistes patentés, de commettre une manipulation pour farpper l’imagination des gens. Voter malhonnêteté intrinsèque vous nuit.

    • Ce « Descartes » là ne semble tenir aucun compte du réel danger du nucléaire, qui a pourtant été largement démontré, encore récemment, au Japon. Ne considérer que la question du coût des énergies, _ dont il reste à prouver qu’elle sera multipliée par 2, ainsi qu’il le dit_ montre une vision à court terme, bien dans la lignée de celles de nos politiques français en général. Quels sont les véritables intérêts que défend cette personne, qui ne tient aucun compte des dangers encourus par les populations, mas pas seulement, la faune et la flore et j’en passe.

  2. Bonjour,
    Vous affirmez que prolonger la durée de vie des centrales au-delà de 40 ans est dangereux.
    Pour quelles raisons ? Vous n’en mentionnez aucune.
    Il faut être rationnel et faire confiance justement aux ingénieurs et experts pour juger de la pertinence de cette prolongation.
    Fermer des centrales existantes par pure idéologie est un gâchis environnemental. C’est ce qui se passe en Allemagne actuellement : les centrales à charbon crachent du CO2 à tout va.
    Et je ne parle pas des ventes d’électricité de la France à l’Allemagne…
    Bien cordialement

    • Bonjour Kevin,

      je tire mon info de l’IRSN (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Et les arguments sont multiples, l’état des structures se dégrade avec le temps tout comme les équipements. La cuve subit de nombreuses agressions du fait des irradiations et hautes températures qui y règnent. Les circuits qui transportent l’eau pour refroidir les réacteurs sont soumis à la corrosion… Maintenir en état de marche une centrale plus de 40 ans c’est prendre un risque !
      Les ingénieurs et chercheurs disent eux même que la notion de risque en matière de nucléaire n’est basée que sur des suppositions et probabilités et que les systèmes de sécurité sont déduits de modélisations reposant sur des systèmes d’hypothèses (comme la météo).
      La question que je vous pose est : un citoyen peut-il accepter que l’on discute de probabilités quand les conséquences d’un sinistre sont à ce point irréversibles?

      Bonne journée et bon week-end.

      • Le politique prend toujours ses décisions avec des probabilités.
        Lorsque les probabilités d’accident majeur sont infimes, on peut l’accepter.
        L’accident de Fukushima est exceptionnel : l’improbable est possible, certes.
        Combien de morts pour l’accident nucléaire de Fukushima ?
        Et combien de morts pour le raz-de-marée qui l’a précédé ?
        Bref, le principe de précaution appliqué raisonnablement en France devrait interdire toute habitation à moins de 400 m des cotes, plutôt que de faire fermer les centrales nucléaires existantes !
        Cela sauvera plus de vies.
        Oui il faut développer des sources d’énergies renouvelables, mais comme elles sont intermittentes, elles ne règleront pas le souci de l’approvisionnement énergétique à elles seules…
        Cordialement

  3. Viendra le jour ou pour notre malheur c’est ineluctable une de nos centrales nous pètera à la figure, Les conséquences humaines materielles environnementales seront catastrophiques, une région comme l’ile de France l’Aquitaine ou l’Alsace resteront contaminées pour des siècles ,tout comme à Fukushima.
    La les politicards et EDF prendrons enfin conscience des risques que nous font courrir les 58 réacteurs qui défigurent notre beau pays..

    • Depuis 50 ans qu’on annonce « l’explosion » d’un réacteur nucléaire en France…
      …et on attend toujours.
      Faut croire que les ingénieurs et les autorités de contrôlent ne font pas tant n’importe quoi que cela…??
      Si vous voulez militer contre le nucléaire, faites le contre le nucléaire militaire !
      La France dépense des milliards d’euros chaque année pour maintenir son arsenal nucléaire, qui pourraient être dépensés plus utilement.
      Il suffit de voir comment la dissuasion nucléaire est efficace pour empêcher Poutine de faire ce qu’il veut en Ukraine…

      • Je vous invite à écouter en podcast l’émission « terre à terre » du 23 novembre 2013. Où l’on verra que le principe de prévention est toujours le moins onéreux

  4. Ben c’est pas complique: la force d’une chaine reste celle de son maillon le plus faible. Et plus on allonge la chaine, plus on va le trouver le maillon!! Moi je les repare ces conneries! Donc on est deja sur que ca va lacher. Point! Et me gonflez pas avec les ingenieurs, on vous prendrait pour des adeptes d’une secte dediee aux dieux de la science! Donc, ca va lacher, mais quoi t’est-ce donc que ca lache !? Ca lache des produits mortels’ non solubles, dont l’activite letale (ca veut dire mortelle, si si…) peut durer des milliers d’annees pour certains d’entre eux. Mortel ou juste bon a faire pousser des organismes bien attaques, c’est vous qui voyezdecontamination de radio element! Toute la merde generee est stockee par les memes ingenieurs qui ont mis Fessenheim SOUS le niveau d’un FLEUVE dans le quel ils prennent la flotte de refroidissement ( et accessoirement SUR une faille geologique). Dire que Blaye est de la meme eau me ferait plutot pleurer mais bon, tant pis… Faut assumer que la seule justification du nucleaire civil, c’est le nucleaire militaire. POINT !!! Le reste c’est des conneries professees par des imbeciles qui pretendent avoir maitrise le feu depuis Neanderthal… Jutse a voir comment ca se fait ‘a mains nues, j’ai un doute… Et a voir regulierement combien de milliers d’hectares degagent en fumee « hors de controle » (je cite les AUTORITES COMPETENTES), pour constater qu’on est encore a l’age du singe et qu’on n’est pas prets d’en sortir. Dans toute catastrophe majeure : Les actionnaires partent en premier, les chefs d’exploitation en second (avec les ingenieurs) les ouvriers crevent sur place et vos impots payent le nettoyage des profiteurs\responsables qui se sont tires avec la caisse !!!
    Fermez le ban !
    . Vous auriez pu demander a vos gamins l’autorisation de leur pourrir la vie avant d’y aller! Il n’y a pas de

  5. Je viens de créer une pétition sur le site avaaz.org, à l’attention de M. François Hollande d’ordonner la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, il faut 100 signataires.

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